RETRAITES : SOLUTIONS COURT TERME
L'article précédent a tenté de faire comprendre que la fin de l'indexation des retraites ne serait qu'un pansement sur une plaie ouverte et en aucun cas une solution.
Quoiqu'il en soit, il faut bien prendre en compte comme paramètre premier et incontournable que l'esperance de vie en bonne santé s'allonge progressivement, malgré les mises en garde contre les effets nocifs des multiples pollutions.
De ce fait, les retraites seront versées à un âge de plus en plus avancé. Conserver un âge légal donné, sans "l'attacher" à l'espérance de vie, implique, ipso facto une augmentation progressive du nombre d'années de retraite. Simultanément à une croissance régulière du nombre de bénéficiaires.
A l'aune de ces explications, peut-on, sans parti pris, fixer un âge légal de départ à la retraite immuable et un taux fixe des retraites ?
Pour répondre à cette problématique, plusieurs solutions possibles:
- Instaurer une âge légal de départ à la retraite amené à évoluer au fil du temps. Question: quelles modalités, quel rythme, modifications récurrentes des calculs.
- Supprimer purement et simplement le postulat: "Age légal de départ à la retraIte" et associer le montant des retraites aux cotisations versées en termes de trimestres, de mois ou selon d'autres critères. Fixer un âge "légal" implique que, selon la carrière (continue ayant subi des interruptions) et le début de versement des cotisations, on pourra avoir des distorsions et/ou des ajustements à effecfuer, certaines personnes ayant un nombre de trimestres insuffisant ou plus important que nécessaires pour une retraite dite "à taux plein". Outre le fait que l'on sera obligé de revoir régulièrement cet âge, compte tenu de l'allongement de la durée de vie en bonne santé et de l'évolution négative du rapport entre le nombre d'actifs et le nombre d'inactifs.
- Instaurer un système "à points". Au fil du temps, les cotisations permettent d'acheter des points (dont la valeur pourra être fixée annuellement en fonction de l'inflation par exemple et/ou de la durée de vie selon des règles préétablies.) Le nombre de points possibles d'acheter étant soumis, par exemple,, à ,une double règle.
- Un minimum mensuel fixé en pourcentage du salaire brut.
- La possibilité donnée au salarié, d'acheter, lorsqu'il le souhaite, des points supplémentaires.
Fixer un âge légal paraît de plus en plus complexe car il faudra le modifier régulièrement avec des séances parlementaires longues et délicates alors que ces séances pourraient être utiles à d'autres secteurs de la politique si un système d'ajustement automatique était instauré.
Par ailleurs, il faudra alors, et très logiquement, ajuster l'âge légal aux différents corps de métiers, les plus pénibles (déterminer lesquels), bénéficiant d'un départ plus tôt, et ce, à chaque Tout cela sans apporter un avantage significatif.
Aussi, de manière très pragmatique, la solution par points paraît être la plus souple, la plus démocratique et la plus simple.
En effet: la valeur des points peut être fixée selon une règle préétablie pour de nombreuses années; à charge, pour les partenaires sociaux d'en faire évoluer la valeur en fonction de l'inflation, s'il y a lieu.
Le cotisant a la possibilité, en fonction de sa situation personnelle, d'acheter des points supplémentaires quand et s'il le juge opportun.
Ce système permet une grande souplesse
- Face au début de la période active, au temps effectivement travaillé,
- Aux aléas de la vie (Un salarié arrêté pour une quelconque raison, pourra, à tout moment reconstituer son stock de points)
- A ses capacités à poursuivre son activité aussi longtemps qu'il le souhaite le cas échéant ou à l'arrêter s'il en a la possibilité financière ou s'il en ressent la nécessité
Sans que l'épée de Damoclès de l'âge légal soit une ligne rouge.
En conclusion de cette première partie - court terme, les mesures à mettre en place:
- Suppression de l'âge légal de la retraite
- Mise en place d'un système "à points" généralisé à tous les salariés du privé
- Elaboration de la grille de points correspondant au niveau de pension atteignable en fonction des métiers.
Cette première phase mise en place, il faut bien avoir conscience qu'elle ne résoudra pas tous les problèmes loin de là. La pyramide des âges la rendra rapidement obsolète et insupportable pour les actifs, le modèle "par répartition" n'étant pas, à ce stade remis en cause.
Cela dit, avant de réflèchir à l'élaboration de moyens complémentaires à la pérennisation d'une juste rémunération des retraites, il convient de travailler à l'uniformisation des régimes de retraite.
Le grand nombre de systèmes génére une fracture entre les composantes de la société que l'aveuglement et l'entêtement de certaines corporations exacerbent au plus haut point.
Outre le fait que cette multiplication implique le recours à de nombreuses structures génératrices de charges financières importantes réduisant le rendement des cotisations.
La France de 2027 n'est plus la France des privilèges de 1789 !
La seule règle de l'ascencion sociale doit être la méritocratie!
Et, il faut bien constater que, si chacun le dit et le proclame, dès que l'on veut toucher à un avantage quelconque, rationellement inexplicable et injustifiable, on assiste à une levée de boucliers, à des grèves injustifiées et à des bris de mobilier urbain finacés par nos impôts !