RETRAITES : LA QUADRATURE DU CERCLE ?
C'est en 1810 que Napoléon institua un fonds de retraite regroupant les domestiques et officiers à son service particulier. (Voir l'article de Pierre Brenda)
Le système mis en place à l'époque fonctionnait assez bien, sauf que, avec le temps et l'évolution de la population, le système aurait dû être refondé. Gageons, comme le dit justement P. Brenda, que napoléon eut mené la réforme avec une détermination et une rapidité sans commune mesure avec ce que l'on subit aujourd'hui.
Rappelons brièvement ce qu'est le système "par répartition".
Chacun des futurs "ayant droits", autrement dit, des "actifs" , cotise chaque mois à une caisse, dans laquelle on puise pour verser la pension des retraités.
Il n'y a donc, aucune corrélation financière entre les cotisations versées par les individus lors de leur période active et ce qu'ils percevront lors de leur période "retraite".
A une époque donnée, on cotise mensuellement à une caisse qui répartit simultanément le montant des cotisations aux bénéficiaires.
Le quota dont le retraités bénéficient dépend, lui, du nombre de trimestres pendant lesquels, ils ont cotisé, et du montant de leur base de cotisation pendant leur période active (avec des plafonds).
Pour schématiser, s'il y a 100 cotisants (personnes actives) qui versent par mois 10 € chacun, et qu'il y a 50 retraités, on pourra répartir 1000 € entre 50 personnes, soit une moyene de 200 € / personne.
Par contre, s'il y a 100 cotisants, mais 200 retraités, on répartira ces 1 000 € entre les 200. Faites vous-même la comparaison !
Le nombre de naissances en France et en Europe ayant tendance à diminuer d'une part,les avancées de la médecine permettant d'allonger la durée moyenne de vie, on constate un vieillissement progressif de la population.
Et, par conséquent, un rapport entre le nombre d'actifs (cotisants) et le nombre de bénéficiaires (retraités) devenant de plus en plus dégradé.
La faillite du système, tel qu'il a été concu est donc, quoi qu'en dise tel ou tel parti à des fins électorales, est inéluctable.
Ce qui sigifie que, sans réforme FONDAMENTALE, arrivera un moment où on ne pourra plus verser de retraites .
C'est aussi simple que cela !
Le problème existe et on ne peut faire autrement que de le résoudre.
Encore faut-il qu'il soit bien posé et que toutes les variables soient utilsées sans se focaliser sur tel ou tel "levier".
La première des variables étant le temps imparti pour décider de la réforme et pour faire quoi ?
Chacun des présidents depuis F. Mitterrand a dansé la tango, dirai-je, avec les retraites en ajoutant son nom à des réformes superficelles qui ne sont que des pansements sur une plaie ouverte
Le seul qui a tenté d'aller plus au fond des choses est le président actuel E. Macon avec les résultats que l'on connaît trop bien.
Une levée de boucliers de tous les partis d'opposition et des procédures n'ayant qu'un seul but: paralyser le pouvoir et les réformes, ne lui a pas permis de finaliser ni même d'entamer une réforme réelle et pérenne.
Cette tâche, reviendra donc, et sans qu'il puisse s'en défausser, sur son successeur.
Pour ma part, sans être un expert et sans prétendre l'être, contrairement à nombre d'éditorialistes aux compétences infinies et aux solutions miracles, à tel point que je n'ai pas encore compris comment il n'ont pas encore accédé aux plus hautes fonctions du pouvoir pour les mettre en application afin que tous les problèmes auxquels la France est confrontée soient résolus avec maestria, je pense que l'on ne peut que procéder en TROIS ETAPES !
- Elaborer une feuille de route pour une solution en deux étapes, la seconde devant se substituer progressivement à la première
- Première étape: Elaborer une réforme destinée à solutionner le problème pour la durée du mandat présidentiel
- Seconde étape: Elaborer une réforme destinée à solutionner le problème de manière pérenne.
L'impératif de base est que la réforme que nous qualifierons de temporaire ne doit pas entrer en conflit avec la réforme pérenne.
Les nouvelles normes doivent permettre de faire face aux charges des 5 prochaines années, mais sans être remises en cause, être insuffisantes pour un avenir au delà des 5 prochaines années.
Cela permet de prendre le temps de la réflexion en toute objectivité et sans pArti prix dogmatique.
Essayons de ne pas promettre de raser gratis et d'affronter la réalité sans idée préconcue.
Le système par répartition tel qu'il est aujourd'hui est exsangue!
Il est urgent d'en effectuer une refonte complète en agissant sur tous les leviers possibles tout en gardant à l'esprit les principes suivants:
- La pyramide des âges telle qu'elle se présente à ce jour est un handicap majeur à la retraite par répartition en vigueur.
- Une société avancée ne peut et ne doit en aucun cas mépriser les anciens.
- La solidarité et la fraternité doivent prévaloir dans la société française.
- Les actifs d'aujourd'hui doivent préparer leur retraite de demain.
- Le système doit revenir à une situation structurellement bénéficiaire d'ici 10 ans au plus.
- Promettre une solution miracle en un an est illusoire et/ou mendonger.
A l'heure actuelle, le montant global des cotisations versées par les agents économiques (privés et publics) s'établissent à 325 milliards par an tandis que les besoins en pensions tournent aux alentours de 380 milliards.
Certaines caisses sont structurellement déficitaires: La CNRACL (Fonction publique territoriale et hospitalière) et le régime général (CNAV) tandis que l'Agirc-Arrco (Salariés du privé) est bénéficiaire.
Au nom des principes fondamentaux de la République: LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE, il paraît inconcevable que le système de retraites - à priori géré sous la responsabilité de l'Etat, ne soit pas le même pour chaque citoyen.
Ce problème ne peut être résolu dans l'urgence et sera donc exclu de la première phase de la réforme, tout au moins partiellement.
Cette première phase ne "s'attaquera pas" à une restructuration du système de retraites mais à des ajustements que l'on qualifiera de techniques visant à augmenter les recettes, en évitant autant que faire se peut de toucher aux dépenses.
Diminuer les dépenses, autrement dit réduire le montant des pensions parait en effet, relever davantage d'un bricolage que d'une mesure efficace.
En effet, la diminution des retraites entraînera mathématiquement une diminution des placements (donc des investissements productifs) et des dépenses (donc de la TVA) qui participe au budget de l'Etat !
Exemple schématique certes mais qui permet de réfléchir.:
Supposons une baisse de 100,00 €.
En supposant que sur ces 100 €, la moitié aurait été investi, il reste 50,00 € à dépenser, donc une rentrée en TVA de 17,00 € environ (83,00 € HT) alors que, dans le même temps, si l'Etat avait emprunté ces 100 € au lieu de les verser au retraité, il aurait du les emprunter au taux de 4%, ce qui ne lui aurait coûté que 4,00 €. La baisse des pensions lui aura donc coûté, dans cette hypothèse: 17,00 € - 4,00 € = 13,00 € !
In fine, malgré les apparences, diminuer les retraites n'est pas forcément tout bénéfice pour le budget de l'Etat !
Cet exemple simpliste prouve simplement que l'on ne peut isoler un poste. Toute modification entraîne ipso facto par la théorie des dominos, des conséquences sur un ou plusieurs autres postes qu'il convient de prendre en compte en positif comme en négatif.